Helena2007

une expérience d'amour détaché

 Il m'a demandé si je voulais encore de lui. Si j'avais envie de faire l'amour. Il m'a même dit au téléphone, et pour la première fois, qu'il avait envie de moi...
Alors j'ai dit oui. J'étais libre mardi après-midi, lui aussi...
C'est lui qui m'a fait découvrir les plaisirs de l'amour il y a maintenant près de trente ans... J'ai du mal à lui refuser quand il me demande gentiment !
Il est arrivé à la maison à l'heure exacte, lui qui n'est pas toujours très ponctuel ou du moins qui ne l'a jamais été avec moi !

Il a sonné, j'ai ouvert, il a pris ma bouche immédiatement, goulûment, sans même poser ses affaires, empêtré de son parapluie, son téléphone, son portefeuille. J'avais décidé d'être très détachée. Ce n'est pas moi qu'il embrassait, pas moi qu'il tenait serrée contre lui, pas moi dont il avait envie mais de mon autre, de mon ombre. C'était la façon que j'avais inventée pour ne pas avoir la désagréable impression de tromper l'homme de ma vie, celui avec lequel je suis moi-même, celui qui m'a révélée à moi, celui qui me fait exister. Tout devait se passer en dehors de moi ... tout s'est passé en dehors de moi, mécaniquement. Seul mon corps existait, mes sensations physiques, pas ma tête ni mon coeur !
Et d'ailleurs, pour mieux y parvenir, j'avais décidé que ce moment ne durerait pas longtemps et que c'est moi qui déciderais des faits et gestes.
J'étais déjà nue sous mon peignoir. Il a posé ses affaires et s'est bien vite rendu compte que j'étais nue : ses mains me caressaient, me palpaient, me modelaient les seins, le cou, les épaules, la taille, le ventre, le sexe, les cuisses. Elles allaient vite et fort. J'ai dû lui demander d'aller plus doucement. Mais cette "brutalité", cet acharnement m'arrangeaient : ils m'empêchaient toute tendresse, tout abandon sensuel et doux !
Il m'a demandé de rejoindre la chambre. J'ai refusé cette fois pour changer, lui proposant plutôt le salon et le fauteuil profond.
_"Comme tu veux!" me dit-il
Je lui ai demandé d'aller se déshabiller dans le bureau et lui ai dit que je l'attendrais au salon. Je me suis installée dans le fauteuil, peignoir ouvert, jambes écartées, tête rejetée en arrière. Il est arrivé, nu, le sexe dressé, un peu embarrassé, surpris. Je souriais de le voir ainsi à mes ordres. Aucune autre émotion ! Je lui ai suggéré de m'embrasser partout. Il s'y est appliqué avec sa "mal-douceur": ses mains, sa bouche me parcouraient. De ses doigts il a fouillé mon sexe, l'a écarté pour y glisser sa langue tout du long ... Et là les spasmes du plaisir ont surgi, les vagues du désir m'ont envahie. Je n'étais plus dans ce salon, dans ce fauteuil ! Où étais-je d'ailleurs ?  Je ne sais!
Un sursaut m'a soulevée. Mon idée première ! Mon désir du début : m'asseoir sur lui, m'enfiler sur lui. C'était maintenant qu'il fallait le faire ! Je lui intimais l'ordre de prendre alors ma place et déjà mouillée des caresses précédentes, je l'ai enfourné en moi ; je n'avais aucun mal à bouger : son sexe glissait, entrait, sortait, en mouvements lents d'abord puis de plus en plus rapides. Ses mains pinçaient le bout de mes seins au rythme de la pénétration. Il fermait les yeux, gémissait, grognait, et moi je profitais de cette caresse que je dirigeais à ma guise, prenant appui sur ses épaules. C'est moi qui donnais le rythme
Brutalement il s'est interrompu et m'a réclamé un verre d'eau, vite ! très vite ! Surprise, j'ai hésité. Il a insisté. Je me suis dirigée alors vers la cuisine et suis revenue avec son verre, pensant : j'ai joui plusieurs fois, il a dû jouir, lui, sans que je m'en aperçoive. Mais il m'a attiré à nouveau sur lui. Il m'a obligé à le caresser pour le durcir à nouveau puis m'installa sur son sexe, me pénétrant profondément en tenant mes hanches très fort. Ses mouvements se précipitaient, s'affolaient ... Il était au sommet de son désir ... Il voulait jouir, il a joui dans un râle contenu.
Aussitôt il m'a fait comprendre de me dégager,  m'adit qu'il allait se doucher et m'a demandé s'il y avait une serviette de prête !
J'ai renfilé mon peignoir en souriant, certes physiquement comblée mais pas satisfaite de cette tournure que je trouve toujours très "cavalière".
Il est revenu tout sourire, réclamant un autre verre. Il a pris tout de même le temps, cette fois-ci, de me demander des nouvelles de mes proches et s'en est allé comme un voleur, sur la pointe des pieds.


Article ajouté le 2009-11-04 , consulté 7 fois

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